Dimanche 2 mars 2008
Promis, Monsieur Pennac, je ne ferai pas de votre œuvre un instrument de torture pédagogique…Mais permettez-moi, Monsieur, de dire à tous ceux qui ne vous ont jamais lu, aux
parents, aux profs, et à ceux qui se sentent exclus de la lecture que peut-être ce livre peut les aider !
Comme un roman n’est pas un manuel, Comme un roman n’est pas un guide pédagogique, Comme un roman c’est le livre d’un écrivain/lecteur/professeur
accompli qui, face au désarroi de beaucoup de parents/profs qui se heurtent au refus de leurs enfants/élèves, nous fait part de son expérience afin de nous aider….
Mais pas de la façon dont on s’y attendrait, ce n’est pas un livre recette contre la désertion adolescente des bibliothèques, non, car c’est d’abord nous, en tant qu’adultes
lecteurs qu’il aide. Il nous aide à réfléchir au pourquoi du comment, à retrouver l’origine de notre amour de la lecture et du désamour adolescent…
Je n’en dirai pas plus car je ne ferai que gloser de façon maladroite ce que Pennac écrit très bien. Je terminerai simplement en écrivant qu’encore une fois, tout ce qui
compte c’est : L’AMOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUR, et que l’amour ne souffre pas le devoir.
Edition folio page 13
« Le verbe lire ne supporte pas l’impératif.
Aversion qu’il partage avec qq autres : le
verbe « aimer »…le verbe « rêver »…
On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y :
« Aime-moi ! » « Rêve ! » « Lis ! » « Lis ! Mais lis
donc, bon sang, je t’ordonne de lire ! »
_Monte dans ta chambre et lis !
Résultat ?
Néant. »
C’est en faisant don de cet amour sans rien exiger en retour et seulement à cette condition que peut-être nous parviendrons à le transmettre….
Et je peux vous dire que ça marche !!! Pardon de vous faire part de ma « petite expérience » pour corroborer les propos de Pennac, mais c’est parce qu’elle
est probante et ce d’autant plus qu’à l’époque je n’avais pas encore lu Comme un roman ( logique puisque je viens à peine de le terminer…).
Comme vous le savez… j’aime la poésie J J J JJ J et lorsque j’étais prof
contractuel j’ai évidemment participé à la semaine de la poésie. Oh de façon très simple… D’une façon qui ne me mangeait pas trop de temps pour pouvoir « boucler » le programme ( que
de toute façon je ne parviendrais pas à boucler tant j’étais novice et donc pas très efficace ). J’avais décidé à l’époque de lire à mes classes 2 ou 3 poèmes en début d’heure pendant toute la
fameuse semaine de la poésie….sans rien exiger d’eux, juste comme ça pour le plaisir du partage et de la lecture.
Et bien ces ados, qui ponctuent leurs phrases avec des wesh wesh et des ta mère…ces ados m’ont demandé de leur lire des poèmes de façon très régulière après cette
fameuse semaine. Et lorsque j’amenais un recueil avec moi, Marin, le « « « cancre » » »de la classe LE CAS , celui qui refuse en bloc tout travail et toute
discipline, Marin me l’empruntait et il revenait quelques semaines plus tard et me disait sourire aux lèvres « Madame, j’ai lu Prévert…. »
Mai 2006
par Méli-Mélo
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