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Le malheur
 
 
Nuit gluante au cœur pauvre de la ville à la lueur d’un réverbère, près d’une porte, un homme écrit. Pour se délivrer il écrit à quelqu’un qui n’est personne, il dit l’horreur de sa vie, la misère sans rémission, l’effort, la fatigue et l’injustice, la cruauté des maîtres, le subtil infini des tortures. Et déjà parce qu’il se parle à lui-même et qu'il écoute avec pitié sa propre plainte quelque chose comme une aurore sur un front maigre commence à poindre.
 
Mais, un couteau rampe le long du mur et lui tranche la main.
 
 
 
                                                                                                 Jean Tardieu, Histoires Obscures, "Le malheur"
Samedi 29 mars 2008

Les sourires éperdus

 

Les sourires éperdus se sont enfuis parmi les larmes

Lorsqu’ils ne sont plus, contre la peur plus d’arme

Et un amour sans sourire est un amour sans âme

 

Le sourire épuisé de s’être trop donné sans jamais se montrer

Trop pudique ou trop coquet, trop timide ou trop discret

Etait rouge du sang du cœur et voulait vivre sur un baiser

 

Ce sourire échappant enfin à sa prison rouge sang

S’effaça sur des lèvres froides et pâles qui avaient oublié depuis longtemps

Le goût des baisers violents, ne pouvant y vivre, il s’en alla souffrant

 

Mon sourire s’évadant de mon cœur dans mes yeux s’est perdu

Parmi les larmes il se noya parmi elles il revécu

Car toute larme est une perle qui redonne naissance aux sourires éperdus…

 

 

                                               Ecrit il y a au moins 10 ans, mais quand exactement ? J

par Méli-Mélo publié dans : Mes mots à moi - Premières proses / poésies -
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Samedi 29 mars 2008

La douleur ruisselle sur les collines de mon visage. Aucune nourriture spirituelle, même gonflée comme un nuage, ne pourra masquer ce que j’éprouve à chaque instant. Je ne ressens à tout moment que les présences absentes.

 

La certitude de l’amour n’existe que lorsque l’amour est mort. La solitude nous apprend à flirter avec les livres d’or de l’attente, et les monstrueuses montagnes de l’espérance, nourrissant les gouffres de la déception, me livrent à la démence.

 

Las, les tremblements m’emportent dans l’orage de la révolte.

 

L’oiseau s’envole et trace derrière lui le chemin de la vie.

 

Quel chemin vais-je choisir ?

 

L’amour est tout sauf beau car il est nécessaire, or ce qui l’est ne peut être que dégeulasse….



                                                                                                                                        1998 ?

par Méli-Mélo publié dans : Mes mots à moi - Premières proses / poésies -
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