Bienvenue dans mon univers...




Le malheur
 
 
Nuit gluante au cœur pauvre de la ville à la lueur d’un réverbère, près d’une porte, un homme écrit. Pour se délivrer il écrit à quelqu’un qui n’est personne, il dit l’horreur de sa vie, la misère sans rémission, l’effort, la fatigue et l’injustice, la cruauté des maîtres, le subtil infini des tortures. Et déjà parce qu’il se parle à lui-même et qu'il écoute avec pitié sa propre plainte quelque chose comme une aurore sur un front maigre commence à poindre.
 
Mais, un couteau rampe le long du mur et lui tranche la main.
 
 
 
                                                                                                 Jean Tardieu, Histoires Obscures, "Le malheur"
Lundi 12 mai 2008

Et si tout le problème venait de là ???

 

J’ai souvent observé que la grande majorité des couples autour de moi se sont formés assez tôt et je pense que l’expérience, salvatrice dans de nombreux domaines, s’avère être très nocive en amour…

 

En effet, sur le fauteuil de ma thérapeute, avec mes amis, ma famille, sur les feuilles de mes carnets, je passe pas mal de temps à essayer de comprendre, de tirer profit de mes expériences. Qu’est-ce qui m’a attirée chez cette personne ? Pourquoi en suis-je tombée amoureuse ? Pourquoi est-ce que ça n’a pas marché ? Etc…Visiblement cet exercice ne fait pas ses preuves ! Au bout du compte : beaucoup d’avis (pour la plupart erronés car donnés sans avoir en main tous les paramètres nécessaires), beaucoup de bonnes résolutions (on ne m’y reprendra pas à deux fois, maintenant les hommes comme ça ou comme ci, j’évite…) mais peu de réponses car à vrai dire il n’y en a pas !

 

Et si la seule chose à faire était d’accepter qu’il n’y a rien à comprendre ? D’accepter ses échecs en amour comme on accepte la couleur de ses yeux ? De façon naturelle, sans vouloir comprendre à tout prix !

 

Car en effet si l’on est dans cette recherche, sachant qu’elle est par définition vaine (l’amour n’est pas une science), on  traîne derrière soi un cortège d’incertitudes, de fantômes et on aborde toute nouvelle relation avec un air blasé et une armure infranchissable. Et oui, j’ai beau avoir un cœur d’artichaut, même moi j’ai revêtu cette armure il y a bien longtemps maintenant….

 

C’est en regardant la fin du film de France 2 (Hitch, expert en séduction) ce soir, tout en dinant, que j’ai saisi au vol une des assertions du héros : « Principe de base, il n’y en a pas ! » Elle m’a piquée au vif.

 

On le sait me direz-vous, on le clame haut et fort qu’en amour il n’y a pas de règle. Oui, mais dans les actes ? On passe son temps à rationaliser, à essayer de comprendre, de donner un sens aux événements, à notre bonheur, à notre douleur. On se torture avec des questions qui restent en suspend. On se satisfait de réponses imparfaites, biaisées, pire, on fait de celles-ci une sorte de mode d’emploi pour les amours à venir.

 

L’amour rend aveugle ?

 

 Je crois plutôt que ce sont nos expériences qui nous rendent aveugles, elles faussent toute nouvelle relation puisque nous l’envisageons à la lumière de ces expériences. Elles nous rendent donc incapable de percevoir l’autre de façon brute, il est en quelque sorte déformé par notre vécu et réciproquement. En plus de cette perception pipée, on adopte un comportement qui manque souvent de spontanéité, on ne peut s’empêcher d’envisager les conséquences de nos actes et pour « se protéger » ou « éviter de faire les mêmes erreurs » on se perd et on n’agit plus, on EST agit par le poids de cette foutue expérience.

 

Alors voilà…

 

Ce soir je prends une décision. Dans ma folle conception de l’amour (éternel) je réalise que même lorsque la rupture était effective, et ce même après plusieurs années, je mettais un point d’honneur à pérenniser cet amour sous une forme ou sous une autre (amitié, culture du souvenir), sans cela j’avais l’impression d’être infidèle, de trahir la grandeur de mes sentiments. Et bien aujourd’hui je vais être infidèle à tous mes amours, je les quitte à mon tour : j’enterre les fantômes, je fais une prière et je recommande leurs âmes à Dieu. Je refuserai dorénavant de penser à mes ex et même d’en parler (mince… je ne vais plus avoir grand-chose à dire !  J ). Je fermerai les oreilles quand j’entendrai les gens parler d’amouuuuuuuuuur s’ils en parlent de façon rationnelle en tentant d’enfermer ce diamant brut dans un système. Je vais gommer les diverses strates du palimpseste de mes histoires pour redevenir la première page, vierge, du livre de mon futur amour. Je ne rouvrirai plus l’ancien livre, je le clos à jamais.

 

La première phrase de mon nouveau livre sera ce beau vers qui me tente « L’amour est à réinventer » Rimbaud…

 

 

 

                                                                                              Mai 2008

par Méli-Mélo publié dans : Mes mots à moi - Pensées - communauté : Célibataires en chemin...
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Mardi 6 mai 2008

 

Prof jetable, femme jetable, une nouvelle race est en train de naître…

 

Comment je me sens ? Qui suis-je ?

 

Une prof au rabais, un bouche-trou sans légitimité.

 

Voilà, je ne serai jamais la légitime, ni d’un homme, ni de cette P_ _ _ _ N d’Education Nationale.

 

J’ai eu 6, seuil d’admissibilité 8, je crois que si j’avais réussi à caser les termes « objets d’étude », « perspective d’étude », « étude des genres et registres », et autres poncifs de bon aloi j’aurais réussi à atteindre les 8…

 

Mais voilà, j’ai une fâcheuse tendance à ne pas faire preuve d’intellectualisme et à écrire comme j’enseigne, avec mon cœur. (Oui oui, je suis aigrie…)

 

C’est comme avec les hommes, si tu ne dis pas le bon mot au bon moment, si tu ne fais pas le bon geste quand ils le souhaitent, si tu n’as pas une once de manipulation en toi…T’es morte, c’est trop facile…Qui veut d’un amour qui se donne ? (Oui oui, je mélange tout…)

 

Le résultat c’est que je me sens nulle, encore une fois, juste une fois de plus. J’ai le sentiment de n’avoir aucune valeur, d’être un imposteur. C’est comme si on m’avait craché dessus. Passe ta route, tu n’es pas digne d’entrer chez nous…

 

J’ai réussi à ne pas pleurer devant mes élèves, à vrai dire, je n’y ai même pas pensé devant eux, ma peine ne m’a même pas effleuré l’esprit. Certainement parce que je n’ai rien à faire devant eux !

 

Mais j’ai pleuré devant mes collègues, me suis effondrée dans ma voiture et pleure encore en écrivant. Pourquoi, me direz-vous ? Tu le savais, tu le disais toi-même que tu n’avais pas travaillé, pas le temps, trop de copies à corriger, de cours à préparer.

 

Mais voilà, y’a trop d’espoir en moi, quand je fais quelque chose j’y crois toujours parce que je donne le meilleur de moi-même et je ne peux m’empêcher de penser, pourquoi pas ? Même si je ne le dis pas. C’est quand je vois le mal que ça me fait que je réalise, qu’une fois encore, j’y croyais.

 

C’est comme les hommes, à chaque fois on me dit…Pourquoi tu pleures ? Ce n’était pas un homme pour toi, pas le bon. Ah oui !!!! Et pourquoi pas ???

 

J’en ai marre des ça viendra et des faut y croire. J’y crois je vous le jure !

 

J’en ai marre des tu as le temps, t’es encore jeune, tu verras ça viendra, y’ a pas de raison. Ben justement, je suis comme sœur Anne, je ne vois rien venir…

 

Je suis juste bonne à regarder l’horizon.

 

C’est quoi ce système qui permet à des gens aussi nuls que moi d’enseigner ??? Je suis bonne à quoi alors si je ne suis pas digne de rentrer dans le cercle ???

 

Je bouche les trous, je suis là pour diminuer celui du budget de la sacro-sainte Education Nationale, ou pour amuser un roi sans divertissement. Parce que ça doit être rigolo de voir quelqu’un qui se donne à fond juste pour la beauté du geste, juste parce qu’il ne sait pas faire autrement. Quand je joue, moi, je ne joue pas forcément pour gagner, je joue parce que si je ne joue pas, je meurs. Je suis juste comme ça… je n’en tire aucune gloire au contraire je me fais pitié.

 

J’ai une épée de Damoclès au dessus de la tête.

 

Je suis une prof jetable, une femme jetable, une nouvelle race qui est en train de naître.

 

Méfiez-vous, je suis comme les virus, je tire ma force des failles d’un système. Cette dernière phrase je n’y crois pas du tout, c’est juste un spasme, un reste d’un instinct de survie qui s’amenuise d’échec en échec

 

Ce soir je ne suis qu’une seule chose :

 

VOUS ETES REFUSEE

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